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"Netharil", la Terre des Dragons
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Bruno
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MessagePosté le: Dim 28 Juin - 14:12 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

Oyez, oyez, braves gens et bande de PJs!

Or donc, pour la partie de ce samedi 27 juin (bonne fête Fernand), les aventuriers présents reçurent un total de 10 436 xp (les 5 ou 10% éventuels ne sont pas comptabilisés, faites chauffer les calculettes).

Pour les absents, totaux ou partiels (entre parenthèses, ce sont les précisions nons disponible dans la version bardique):

Or donc, la douce princesse (Naïra "Azimut Sanglier") et sa suite se rendirent en ambassade, afin de porter le Pardon du Roi, au travers des terres du Baron Thombombadillhom, et à destination de la grande cité d'Elithanie (la capitale économique, au sud, qui a envie de prendre son indépendance, et dont les marchands recélaient le fruit des brigandage des hommes du baron), dont les richesses et la splendeur rayonnent dans tout le Royaume, et bien au-delà.
Moult seigneurs et vassaux se pressèrent sur leur convoi, et entourèrent la frêle Naïra (1,80 m, athlétique) de leurs marques d'attention, offrant à son équipage (les PJs) le meilleur accueil (et ce fut le tarif maximum, option "étrangers, ici, on n'aime pas les étrangers" quand ils ont finit par voyager incognito).
La traversée du Mont des Nains, au-delà de la Möhse (et des terres du baron, dans les collines, là ou ses hommes se livrent aux attaques des convois) vit ses vaillants chevaliers, sir Alaric et sir Eolmyr, défaire en un combat épique les redoutables géants des collines qui y sévissaient alors.
Quelle fût leur outrecuidance que d'oser s'en prendre à notre douce princesse! Mais à la vaillance de nos héros, rien ne put résister, et le bon droit, la bravoure et la Volonté du Roi triomphent toujours.
Tel fut, en vérité, leur mortel châtiment, comme pour ces brigands de grands chemins, complices des précédents (en vérité, les hommes du baron, qui essayaient de faire disparaître tout témoignage de leurs méfaits en assassinant les PJs), qui surgirent au prix d'un rassemblement incroyable, en une véritable marée humaine (une dizaine de soldats, et une vingtaine d'hommes des collines), déferlant de rage et de hargne, ivre de fureur, de violence, sur le convoi royal!
Appâtés par la richesse de la princesse, enivrés déjà des supplices que leurs esprits frustres et pervers envisageait lui faite subir, ils combattirent par centaines, tout le jour durant, en appelant pour les seconder au moindre de leurs parents dégénérés, vivant terrés au fond des collines!
Combien d'actes de bravoures! Combien d'actes héroïques!
Mais que peuvent faire de simples bandits face à l'héroïsme des Chevaliers du Loup?
Autant ils vinrent, autant ils tombèrent, fauchés par les lames implacables de nos vaillants chevaliers!

Mais le soir vint à tomber, et avec les derniers rayons du soleil, la force vint à manquer à l'escorte.
Même les plus braves doivent succomber sous le nombre, et c'est en emportant leurs ennemis dans la tombe que nos héros s'apprêtèrent bravement à affronter leur destin. Il semblait temps d'entrer dans la légende, comme tant d'autre avant eux.
Tout était perdu, un effroyable minotaure, dont la tête dépassait les cimiers des chevaliers, cuirassé de façon effroyable, venait de se jeter dans la bataille.
Sa hache avide abattait les défenseurs de la princesse, les fauchait comme des fétus. Rien ne pouvait l'arrêter.
Sir Eolmyr, n'écoutant que son sens du devoir, fit de son corps un rempart à sa princesse, ne laissant aucun coups franchir la barrière de ses lames. Sir Alaric, le voyant faiblir, traversa les rangs adverses, renversant la piétaille innombrable. Hélas! La bataille l'avait entrainé si loin!
La mort et le déshonneur tombaient sur l'escorte de la Royale Suite comme de sombres oiseaux de proies.

Alors le cor sonna.
Il raisonna longtemps dans les montagnes, bondissant de falaises en sommets.
La troupe, saisie d'effroi, ne sut vers quel nouvel adversaire se tourner.
La cavalcade fit trembler le sol. Les pierres tombèrent des montagnes.
Surgissant du bout de la route, remontant la mêlée, un héros se portait la rescousse!
Son bras fut vaillant. Sa charge effroyable. Les naseaux de son destrier fumaient de rage.
En appelant au nom du Roi, il traversa les rangs ennemis, et affronta le monstrueux minotaure!
D'un revers de sa lame, étincelante dans les derniers rayons du soleil, il pris le chef (décapita) du monstre, et jeta celui-ci à terre!
Affaiblis, défaits, les brigands furent alors vaincus, et bien peu en vérité purent rentrer ce soir là en leur demeure.

C'était le prince (appellation purement honorifique, il n'a aucun titre réel) Gwenaël le Jeune, venus à la rescousse avec ses hommes depuis la cité de Morgon.
Apprenant le nom de celle qu'il venait de sauver, l'excellent jeune homme mis genoux à terre, et la hissa sur sa propre monture, qu'il mena par la bride, ne laissant nul autre se livrer à cette tache.
Comment, clama t'il, pourrait-il chevaucher, alors que la douce Fille du Loup Blanc marcherait à terre?
Il fit preuve de la plus exquise des courtoisie, et escorta la princesse Naïra jusqu'en la demeure de son père, qui, chacun le sait, et Gwenaël l'Ancien, que l'on nomme aussi Morgonmaester (le bourgmestre du Conseil Municipal de Morgon), qui se distingua en son temps au coté du Loup Blanc durant la Guerre d'Orcanie.
Les dieux, cédant aux chants de Cupidon, durent se pencher sur la rencontre et la destinée de ces admirables jeunes gens!
Et leurs escortes, échangeant déjà de nombreux signe d'amitiés, firent ensemble un voyage bien agréable jusqu'en la fidèle cité de Morgon!


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MessagePosté le: Dim 28 Juin - 14:12 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Arkhane
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MessagePosté le: Mar 30 Juin - 07:09 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

Lettre de Gaëtan de Maërin d'Hor, dit Le Nung à son maître Paélyne Illmary.

Madame,

Je commence enfin à comprendre ce que vous aviez longuement tenté de me faire entrevoir.

S'il est en effet bien plus spectaculaire de manipuler les forces élémentaires pour relier notre monde à ceux de l'occulte, agir discrètement sur les esprits et faire ainsi de ces êtres simples les exécuteurs de nos œuvres est encore plus aisé.

Au nom de ma naissance, je serais bien mal avisé de compter les guerriers comme quantité négligeable. Il est bon que le vulgus admire ces personnages en qui ils se retrouvent sous une forme idéalisée. Le moindre pâtre peut se rêver rodeur et le fermier, durci sous le joug du labeur champêtre, s'imagine assez bien recouvert de métal et montant un impressionnant cheval aux yeux de braise.

J'ai pris là une belle leçon d'humilité.
Car enfin, que serait-il advenu de notre douce princesse si nos sorts n'avaient systématiquement affaibli l'adversaire, permettant ainsi à nos guerriers d'accomplir leur devoir de protection. Que ferait ses braves sans aide contre des géants, qu'ils soient des collines ou du givre, ou bien encore du feu. Se précipiter au contact d'un monstre et se faire massacrer me semble un acte insensé alors qu'il est possible et même évident qu'une attaque à distance est tellement préférable. Deux séries de projectiles magiques et voila cette immonde créature à demi morte.

On dit des mages qu'ils sont individualistes et égoïstes, or, qui est capable d'attaques concertées et cohérentes ?
Laisser ses compagnons frapper à tour de bras n'est point de l'égoïsme, il me semble. Et ce, surtout, si puisant dans notre savoir, nous leur avons précédemment offert une puissance et une protection dont ils n'avaient point l'idée.

Il est bon que nos actions restent ombrées par l'éclat des combats. Le beau chevalier blond arrive, agit, s'incline et offre sa monture à la gentille dame... Je pourrais presque devenir barde...

Cette terre est pleine de promesses.

Votre élève, fier de son savoir et conscient de son ignorance.


Gaëtan de Maërin d'Hor

Post Scriptum.
Je vous envoie le jeune Lubin. Il est doué pour la magie, ayant appris de lui même quelques manipulations primordiales tout ignorant qu'il s'agissait là de ce qu'ils nomment "magie".
Je reviendrai le chercher d'ici la fin de l'hiver.

Le Nung


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Bruno
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MessagePosté le: Mer 1 Juil - 07:38 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

Votre Altesse,

Si j'ai le plaisir de vous confirmer que la rencontre entre votre fille, la princesse Naïra, et le jeune Gwenaël, chef de la garnison de Morgon, s'est très bien déroulée, je dois également vous faire part de faits imprévus et troublants.

Le Baron, vous le savez, est difficilement touchable sans semer de grands troubles. Nommé en premier lieu par le roi Pélagor, durant la Guerre d'Orcanie, il est devenu l'un des symboles de l'unité du royaume, selon l'accord passé entre Votre Royal Epoux et lui-même avant de clore définitivement cette guerre par un duel des rois.
Pélagor défait, le Baron reconnu volontiers la légitimité du roi Septimus, et lui prêta serment d'allégeance en échange de la reconnaissance de ses droits. Il bénéficie de nombreux appuis, aussi bien dans que hors du royaume. Que Votre Royal Epoux s'attaque directement à lui pourrait être pris comme une dénonciation de la parole donné au défunt roi Pélagor de reconnaitre et protéger ceux qui l'avait suivit et servi. Les blessures de la guerre ne sont pas si anciennes qu'elles pourraient se rouvrir, et le royaume sombrer tout entier dans le chaos.

Aussi nous avons porté nos efforts sur l'un de ses vassaux, feu le seigneur Guérand de Tourl.
La déchéance de cet indigne rejeton d'une grande famille du Saint Royaume d'Auflase fut aussi complète que nous le pensions. Il ne fut guère difficile de le convaincre de projets mirobolants, et de laisser les preuves de son implication.
Il mourut bravement au combat, seul honneur qui lui restait notons le bien. Vos agents purent s'extraire à temps, il ne semble pas que leur action soit soupçonnée. Toutes les correspondances compromettantes ont été conservées, et laissées aux bons soins des découvreurs de Vos Majestés.

Ses co-vassaux se sont montrés lâches et prudents à souhait. Nous pouvions espérer alors ramener le Baron et ses hommes à l'ordre sans plus de troubles.
Toutefois, la traversée du Mont des Nains vit vos hommes se faire assaillir par des Géants des Collines. Tout porte à croire que ceux-ci étaient aux ordres du Baron. Nous ignorons pour l'heure les termes de leur accord, et la nature de son éventuel agent. Ces êtres frustres ont besoin d'être dirigés pour agir aussi efficacement.
Nous ne pouvons que constater l'influence du Baron au sud de la Möhse. Cela est déjà inquiétant en soi.

Je suggère respectueusement à Votre Majesté de porter Son attention sur le seigneur Barïn Main-de-Fer.

Avant de rejoindre les terres du baron Xsandre, Vos Hommes furent attaqués par ceux du Baron, secondés d'hommes des collines. Nous estimâmes bien justement les forces en présence, et grâce soit rendue à Mr Malfrey, dont l'aide fut des plus précieuses afin d'envoyer les présages adéquats au jeune Gwenaël. Celui-ci a forte tête, et il fut dur de le décider à quitter la province de Morgon.
Toutefois, il est à porter à son crédit qu'une fois persuadé par les présages reçus, il se mit en marche avec zèle. Nous dûmes le ralentir par divers incidents que je conserve pour Votre divertissement.

La rencontre, Votre Majesté, se déroula selon Vos prévisions.

Hélas, je dois annoncer à Votre Majesté la perte odieuse de deux de Vos serviteurs, qui furent utilisés par les Hommes du Baron comme mages dévoyés.
Ils furent contrôlés par des moyens inconnus. La tête de l'un d'entre eux est conservé par Le Nung. Il ne m'a pas été permis à ce jour de pouvoir l'examiner.

Puis-je Vous suggérer de faire intervenir Mr Malfrey ou le Père Malius?

Je crains, Votre Majesté, de reconnaître la main à l'œuvre derrière tout ceci.

Votre Serviteur dévoué,

Chevalier de Malicorne


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Bruno
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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 11:44 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol, an 705 -


Après des années de pourparlers et de préparations, un grand tournoi de chevalerie est organisé dans le royaume de Chol, afin de déterminer qui sera l'époux de la reine.


Si le Tournois de Joutes est l'attraction principale, d'autres tournois, d'archerie, de lutte, d'escrime ou encore de fauconnerie sont organisé en marge.
S'ajouterons les tournois organisé par les PJs, tels que Chasse au Sanglier ou Lancer de Javelots, et une multitude de tournois ressemblant davantage à des concours paysans, comprenant les artisanats ou le meilleurs fromage...

Invités (ne participant pas au Tournoi proprement dit) venus avec leur suite (qui peuvent participer par contre), Tournoyeurs cherchant fortune et gloire, à se faire un nom, à se faire remarquer par un riche seigneur, ou visant le trône royal, ou encore suite diverses de marchand, d'artisans (forgeron et armuriers principalement), de prêtres prêchant la bonne parole pour leur culte ou d'érudits profitant pour rencontrer quelques sages, les PJs et les PNJs seront nombreux sur place.

Mais que pouvez-vous jouer?

- N'importe quel personnage ayant joué sur le continent (c'est à dire en Ostrarem et ses alentours);
- N'importe quel personnage ayant un lien avec la chevalerie, qu'il soit noble ou à la recherche d'une fortune quelconque, voire même pour le sport;
- Un personnage Clerc ou Mage désireux de faire du prosélytisme, ou d'assurer le soutiens de la manifestation, pour les organisateurs ou le compte d'une tierce personne;
- Un Voleur, Larron ou Barde, pour jouer sur les intrigues parallèles, traiter avec les bas-fonds et la pègre, car il y a beaucoup d'anguilles sous roche;
- Un personnage de haut rang, pour le sortir de votre pochette de personnage, faire intervenir ses suivants, et traiter politique avec quelques puissants seigneur, ce qui n'arrive pas tout les jours.
- Toute autre suggestion que vous auriez, après accord du MJ.

Comme vous le voyez, le choix est vaste. L'un des buts et de vous permettre de sortir et faire intervenir au besoin n'importe lequel de vos personnages ou ancien personnage. Vous pouvez même jouer un personnage (dit "Principal") et faire apparaître occasionnellement un ou plusieurs autres (dit "Secondaire").

Que pourrez-vous faire?
 
- Participer à n'importe quel tournoi, afin de taper sans trop de conséquence, et éventuellement de gagner quelques prix bien mérités et pas anecdotique du tout;
- Jouer la politique, après tout, certains des plus puissants seigneurs (une impératrice et au moins trois rois) seront présent;
- Soutenir un Tournoyeur, par les soins, la réparation de matériels ou la prise de renseignements sur les adversaires. Beaucoup de travail et quelques surprises, qui peuvent aussi rapporter gros;
- Proposer vos services à d'autres personnes, sous divers prétextes. Après les joutes, on aura besoin de beaucoup de soins...
- Rencontrer quelques personnages peu accessibles autrement, en marge du Tournoi. à voir qui vous recherchez, mais certains des plus sages érudits seront là.
- Rejoindre, aider ou combattre la pègre locale. Beaucoup de monde, autant d'étrangers et d'argent, forcément, il y aura des faux-frais.
etc.

Votre Personnage est-il jouable?

Si vous trouvez déjà dans les listes ci-dessus des chose qui vous correspondent, oui.
Si non, un personnage peu être adapté pour le contexte: soit en étant modifié et intégré à la campagne, soit en considérant que c'est un individu similaire (techniquement parlant) mais correspondant aux critères locaux.
Exemple: votre guerriers préféré est une race peu courante (monstrueuse, les seuls interdit au Tournois), vous jouerez avec sa fiche, et y ajouterez les XP et autres gains, tout en considérant que c'est, durant le tournoi, un autre guerrier d'une race ou d'une origine plus acceptable.

Ne croyez pas que tout se résume aux seuls tournois: le plus important, comme au théâtre, se passe dans les coulisses.
Et les Tournoyeurs seront bien trop occupés pour découvrir se qui se trame.


Si vous avez des questions ou des suggestions, n'hésitez pas.
Vous n'imaginez pas ce que vous pouvez présenter comme PJ, ni ce qui est à découvrir en marge du tournois.


Dernière édition par Bruno le Jeu 17 Sep - 13:55 (2015); édité 3 fois
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MessagePosté le: Lun 14 Sep - 16:48 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol, an 684 -

Votre Majesté ma Reine,

Oncques ne défie votre autorité en notre bon royaume de Chol, mais les guerroiements envers Votre Cousin Valurus, souverain d'Auflase, ont causés moult troubles et faiblesses.
Votre défunt cousin Reize, précédemment duc du Levant, dans sa folle guerre  qui lui couta honneur, fortune et vie, bien que source de victoires pour Vos vassaux, à laissé bien des braves et beau seigneurs tomber aux champs d'honneur. Reim le Sixième Du Nom, Votre Cousin de Thulée, conspire avec ses vassaux autant contre vous que Votre voisin. Seule la fidélité du chevalier Septimus du Loup Blanc, qui pris si noblement fait et cause pour Vous dans cette guerre, semble acquise pour les ans à venir, mais Vous l'envoyèrent bien loin au nord pour pouvoir vous sevir, et c'est là bien dommage, car il eut fait un roi fort acceptable.
Les successions sont difficiles et sources de ruines, et Nous, Vos Pairs et Conseillers, marquons notre inquiétude.

Qui vous succèdera sans causer pareil troubles?

Les ducs d'Auflase et leurs vassaux, bien que matés pour l'heure, attendent comme des chiens pour présenter leurs prétentions; moult de vos serviteurs voient s'ouvrir la voie de votre trône. Thulée intrigue et conspire comme à leurs habitudes depuis près de sept siècles.

Je crains, Votre Majesté, que votre trépas ne sonne le début d'un long et difficile temps pour Votre Royaume, tel que ce le fut lors du trépas de Votre Père.
Votre Oncle, si-fait le cousin de Notre Défunt Roi, et son parti se réjouissent de votre célibat. Ils clament à qui veux l'entendre que seul les Ordres acceptent des filles de Votre Age encore pucelle, et nombre de Vos Barons songent à les empaler pour de bon sur leurs lames afin de faire taire pareille médisance.

De surcroît, l'âge avance et votre ventre perd de sa fertilité. Le temps presse, et Vos barons s'impatientent.

Ma Reine, de Grâce, nous vous conjurons de prendre époux promptement, afin de donner à Votre Royaume l'Héritier qui perpétuera Votre noble lignée.

Soyez Ma Reine assuré de ma loyauté,

Comte Clodion, fait en la 9ème année du règne de Bertille de Morant, Reine de Chol.


Dernière édition par Bruno le Jeu 17 Sep - 13:56 (2015); édité 1 fois
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Bruno
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MessagePosté le: Mar 15 Sep - 07:47 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

-Royaume de Chol, an 685 -

"Ambrosius, n'était-tu point l'Enchanteur de mon père, et du siens avant lui?
- Oui, Ma Reine.
- On ne t'aime point cependant. Ton art est méconnu de Mes Barons, et le maléfice dont tu Me laissa victime durant toutes ces années suscite méfiance à ton égard."

Le vieil homme resta stoïque. Il ne pouvait que reconnaître son échec en la matière. Comment avait-il pu ignorer ce sortilège de Répulsion jeté sur la jeune reine durant toute ces années? Il en fut victime, comme tout autre, et seule la venue de ce chevalier errant, le Loup Blanc, avait sauvé la situation.
Ironiquement, Ambrosius frémit: le noble chevalier errant avait lui-aussi été victime du sortilège, et c'était l'un de ses mages, le plus pernicieux et inquiétant, un Nécromant issue de la noblesse Thuléenne, qui avait surmonté son dégout et avait dissipé le mauvais sort. "Par la Grande Déesse, se répétait le mage, nous avons étés sauvés par un nécromant Thuléen!"

Il se reprit. La reine devait être rassurée.
"D'autres de Vos serviteurs se montrent à la hauteur, Ma Reine. Et mon art ne concerne qu'une poignée de personnes. Vos barons n'en font pas partis. Mon soutien durant la Guerre  contre le duc Reize du Levant mis en échec autant ses nécromants que les Mages d'Auflase. Mais ce n'est pas pour rappeler ceci que vous m'avez appelé.
-Si fait". La jeune reine se tourna vers la meurtrière, la lumière de cette fin de printemps inondant son visage.
"L'on me presse de prendre époux depuis quelques temps déjà. Le comte Renon et le parti de Mon Oncle clame que je devrais, à mon âge, déjà avoir enfanté par trois fois pour le moins, et que si épousailles il y avait en ce jour, il faudrait pour le moins autant d'ans écoulés avant la naissance d'un héritier."

Ambrosius l'Aurèle releva simplement la tête, manifestant silencieusement sa pleine compréhension.
Il savait, naturellement, que les choses était plus compliquées. Victime de son maléfice, Bertille avait toujours été l'objet de répulsion pour tout homme, et surtout ses vassaux. Comment, maintenant, en choisir un comme époux? Ses années avaient chargées de solitude, de mépris des hommes, et d'études de tout les astuces et ruses permettant d'assoir sa maigre autorité royale. Juste de quoi limiter les dégâts, en fait.
D'un seul coup, le maléfice levé, c'était une jeune reine, séduisante et compétente, maîtrisant depuis des années toutes les ficelles de l'attitude royale et souveraine, qui été apparue devant ses barons. Un véritable tour de magie... Ceux qui la méprisait hautainement la voyait désormais comme l'incarnation absolue de la royauté. Intouchable. Inaccessible. Nul ne la voyait comme une femme. Nul ne l'avait jamais fait, du reste, pas même elle, ni lui. Il frissonnât intérieurement. Son échec, son fardeau...

"La médisance et l'incompétence sont deux choses différentes, Ma Reine, mais pareillement nuisible.
Le comte est ignorant, comme l'est en la matière la populace.
Votre ventre n'est point mort, et il ne le sera pas avant encore de nombreuse années. Les ignorants croient que trois à cinq années sont nécessaires avant la naissance du premier enfant. Cela n'est pas du à la venues de mauvais esprits de la Forêt, que le couple doit savoir chasser, ou aux germes de l'enfantement portés par les vents! L'action de l'homme et de la femme seul est nécessaire, mais il est de coutume par ici de célébrer les mariages trop tôt, les corps ne sont pas encore prêts et nul n'enseigne à ces enfants considérés comme adultes l'art de concevoir d'autres enfants.
Il est parfois nécessaire d'attendre de nombreuse années pour que ce savoir, considéré même comme honteux, soit découvert par les intéressés.
Je peux vous enseigner. Vous vivez dans de bonne conditions, et la vingtaine d'années que vous avez passées ne sont point âge de vieillesse.
Sitôt que vous prendrez époux, vous saurez porter enfant et héritier. Rien ne presse en vérité, Ma Reine.
- Je connais nombre de chose. J'ai observé les servantes et leurs pratiques avec les gens d'armes.Cela me semble répugnant et bestial. Comment pourrai-je m'abaisser à de telles pratiques? Nul homme, sur ces terres, ne saurait s'en montrer digne: leur chevaux sont plus nobles qu'eux!
-Il en est par ailleurs qui le sont. Le Loup Blanc vous attire, ne me le cachez point. Mais vous le perdriez si vous provoquez de quelques manière la mort de son épouse et aimée. Mieux vaux un allié fidèle, même lointain, qu'un ennemi rancunier et tenace.
J'ai vu les présages, Ma Reine. Vous avez encore du temps, le Royaume du Nord sera pour vous d'une grande aide dans les ans à venir.
En attendant, occupez Vos Barons avec ce qu'ils comprennent et aime.
- La guerre. Mais contre qui? Nous nous remettons à peine de ces dures années de combats contre Auflase, et Valurus est enfin en paix dans son propre royaume!
- Alors il est temps de reconquérir, par la force ou la diplomatie, les baronnies du nord perdues ces derniers ans. Cela occupera Vos Barons, assoira Votre Autorité et Votre Grandeur, et Vos Vassaux vous laisserons en paix quelques temps.
- La quête de gloire est plus importante que tout chez eux, il est vrais. Et nous ne devons pas nous laisser encercler par le nord."

Le vieux mage observa la reine songeuse. Il se savait congédié, et s'apprêta à sortir aussi discrètement qu'il était venu, quand Bertille de Morant l'interpella.

" Ambrosius?
- Oui, Ma Reine?
- Comment se fait-il au juste qu'un enfant entre dans le ventre de la mère, puisque l'homme n'en est point porteur?" 


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MessagePosté le: Mer 16 Sep - 11:33 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol, an 688 -

Le fracas des chevaliers s'était tut.
Les râles d'agonie et de souffrance laissèrent place à la miséricorde, cette dague effilée que portaient les chevaliers pour abréger miséricordieusement les mourants.

Caribert, le baron de Guernes, s'arrêta devant le cheval de la reine, ruisselant de sueur et de sang.
"Victoire, Majesté!" Tonitruât-il. " Ces félons se vident désormais dans leur propres déjections*, et nourrirons cette bonne terre qu'ils ont souillé de leur vilenie!
Nul prisonnier, Ma Reine! Point n'est besoin de demander rançon à ceux-la, et tout sera butin!"

Bertille de Morant, du haut de ses 25 ans, dont la moitié de règne, acquiesça. Elle félicita le vainqueur comme il se devait, imperturbable devant ce massacre qui l'écœurait.
Quel avait été le motif de cette boucherie? Une question de préséance, d'égo ou de remise en cause de la virilité de quelqu'un, probablement. Rien d'important pour justifier la mort de nombreux jeunes et braves seigneurs.

Le vaincu nourrirait les corbeaux, ses serviteurs aussi. Telle était la loi de la guerre, au royaume de Chol. Son royaume.

La carcasse de son oncle était maintenant dépouillée par les hommes du baron. Enfin, c'était toujours ça de pris. Le meurtrier de son père était mort, et ses biens, comme ceux de ses alliés, allait revenir au vainqueur. Une belle fortune pour le brutal baron.

A moins que...

"Caribert!
- Oui, Ma Reine? Le baron était à peine étonné de l'interjection soudaine de sa souveraine impassible.
- Vous portez le nom de mon père, et en ce jour avez vengé sa mort si cruelle.
- J'eu cette chance et cette bravoure, Ma Reine, car mon membre est aussi viril* que mon bras est fort!"
Bertille sourit intérieurement à cette vantardise ordinaire des Cavaliers, qui servirait bien ses buts cette fois.
"Pour cela je veux faire de vous, baron, mon champion en cette guerre.
- Quel sera mon butin en ce cas, Ma Reine?" Gronda le baron, qui n'était pas homme à lâcher un château et ses terres aussi facilement. "J'ai combattu vaillamment, et attend que ma bravoure soit récompensé comme il se doit! J'exige récompense de mes faits!"

Bertille acquiesça. Lentement, sous le regard hypnotisé du baron et de ses hommes, elle ôta sa brassière **, la faisant glisser sous sa robe.
"Voici, mon Champion, quel est votre trophée, pour avoir ainsi porté et défendu mes couleurs et honneur! Gloire à votre vaillance! Que tout le royaume sache et voie!"

Se jetant à terre, toute fierté et toute morgue oublié, le baron reçu son présent en balbutiant, les yeux perdu d'admiration et de reconnaissance pour sa noble souveraine, lui jurant fidélité de tout son cœur et de toute son âme.

"J'ai assez de lingerie pour m'attacher le restant de ces lourdauds" songea la jeune reine en luttant contre le froid qui saisissait sa poitrine. Elle sourit paisiblement au baron enfilant sa brassière sur son armure*** sous les vivats de ses hommes.

Enfin, avec les corbeaux, voici d'autres personnes qui était satisfaites désormais.

* Version édulcorée pour les yeux chaste du lectorat mineur. Version intégrale sur demande.
** Ancêtre du soutien-gorge, dont il remplit le rôle.
*** Anecdote historique, plusieurs fois constaté avec des variantes.


Dernière édition par Bruno le Jeu 17 Sep - 15:46 (2015); édité 6 fois
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Bruno
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MessagePosté le: Jeu 17 Sep - 07:55 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume d'Ostrarem,  an 3, où an 688 de Chol -

"Sire! Sire!"
Les cris du messager retentissaient, semant l'effroi et la stupeur, dans les galerie de Nimur Ostram, la Tanière du Loup Blanc, la forteresse du jeune roi Septimus.
Le bruit des bottes, trempées de boues, courant sur les pierres fraîchement taillées, résonnaient étrangement sous les voûtes. Un bruit nouveau, inconnu jusqu'à présent. Nul n'avait jamais couru de panique en ces lieux. Nul n'y avait crié autrement que de joie, du reste.

Les doubles portes de la Grande Salle furent poussées violemment, attirant l'attention de tout les convives présent à la longue table de festin. Le messager, hirsute et maculé, roulait des yeux fous. Il écumait, tremblant comme un dément, à bout de force.
"Sire! Des géants! D'effroyables géants du feu! En grand nombre! Surgis de la terre, envahissant les vôtres! Dans les collines, à mi route de sir Mérion, du sud-ouest de votre royaume! La garnison, sir Algériad... morts, tous morts, balayés, massacrés, dévorés! Os calcinés... chairs carbonisé...pulvérisés... Tous! jusqu'au derniers! Montagne de roc, surgie de rien, du sol, en une nuit, chaleur et pierres fondues, coulant comme rivière de sang... dragons dans le ciel, chevaux hennissants... Malheur et mort, mort, mort!"

La stupeur frappa l'assemblée. La panique s'engouffra dans les cœurs. Le festin était oublié. Le jeune royaume était déjà perdu. Quel dommage!

Alors le roi se leva. Si soudainement que la table s'en renversa. De toute sa stature, de toute sa puissance, il domina l'assistance.

"Chevaliers! Seigneurs et guerriers! Hommes de cœur! Aux armes!
Que ceux qui ont du courage m'accompagnent! Moi, Septimus, je déferais ces géants! Je les vaincrais et les chasserais comme nul autre! Leurs têtes orneront ces murs en guise de trophées!
Honneurs et gloire à ceux qui m'accompagneront!"

Ils furent bien peu, en vérité, à accompagner le roi guerrier.
Soigné et drogué, le messager guida son seigneur au travers des terres forestières. Une modeste suite, composés de quelques fidèles de la premières heure, les rares compagnons d'aventures encore présent à la cour à ce moment, et la poignée de chevaliers confié par la reine de Chôl. Des vétérans de la guerre du sud, des Cavaliers. Quelques audacieux s'étaient bien joint à l'expédition, mais la faiblesse des vocations héroïque énervait le roi plus que l'invasion de géants.

"Bon sang, pensait-il. Pour une fois qu'on peut s'amuser! Enfin des adversaires à la hauteur, et ils ont peur..."

Du coup, plongé dans ses pensées, il ne prenait que très peu garde au voyage. Il délégua cette charge à un jeune homme d'arme, balbutiant de son faible rang, qu'un froncement de sourcils blanc et un doigt royal, assortis de la sentence prononcé il est vrais, métamorphosa sur-le-champs en Chevalier du Roi.

Au milieu des petites collines boisées s'élevait maintenant une petite montagne rocheuse.
"Intéressant. Selon ma reconnaissance aérienne, et mon étude, il s'agit d'un bouchon volcanique, enfoui en sous-sol. Les géants du feu semble avoir détourné des courants de lave, les plaçant sous cet énorme bloc datant des temps géologique, afin de le faire remonter en surface. Une belle démonstration de puissance. Hmmm... et le chauffage est intégré. Très intéressant."

Les commentaires du mage passèrent, il faut bien le dire, au-dessus de la tête des gens présent. Le Loup Blanc avait retenu l'essentiel, et contemplait maintenant les terres dévastées, labourées comme jamais, les arbres renversés et brûlés. Et, surtout, venant de la forteresse des géants du Feu, les deux jeunes dragons rouges, la harde de sangliers géant, les molosses sataniques, tous tenus en chaînes par des ogres puissamment cuirassés, escortant une poignée de redoutables Géants du Feu. Ils avançaient droit sur eux, piétinant sans vergogne les morts et les blessés, un armée effroyable.
Septimus sourit. La bataille allait commencer. On allait vite voir qui régnait sur ces terres!

A sa droite se tenait Johan, le paladin, son beau-frère, son élève, son ministre et son champion.
De part est d'autre leurs anciens écuyers, les seigneurs Black et Decker, les premiers hommes d'armes du roi.
Ensuite venaient la trentaine de chevaliers de Chol, restant de l'escadron dont le commandement avait été offert à Septimus par la reine Bertille durant la Guerre du Sud voici déjà 7 ans.
Tous des braves parmi les braves. Les autres se tenaient en arrière, assurant le soutiens du mieux qu'ils le pourraient.
Le Loup Blanc brandit ses épées face à l'avancée des Géants. Il hurla. Les heaumes se rabattirent avec des claquements métalliques, et la rangée chargea, lances en avant, en poussant une clameur de défi.
La terre trembla sous la cavalcade. Les géants furent surpris: chacun semblait vouloir les atteindre avant les autres. Ils n'avaient pas l'habitude de vor les hommes sous cet angle...

La bataille fut effroyable. Une véritable boucherie. Les corps démembrés et mutilés jonchaient le sol à perte de vue. Les derniers Géants tentaient de fuir dans leur forteresse, poursuivis par la troupe royale.
Ils s'étaient littéralement fait tailler en pièces.
On ne peut plus ragaillardi par cette victoire, les troupes du roi le suivirent dans la montagne brulante, suivant et coursant les derniers rescapés, afin d'éviter les pièges de la route. Ainsi ils purent entrer avant que les portes ne soient refermées.
Le Hall était à la mesure des ses bâtisseurs. Les Géants pouvaient y manier, avec quelques handicaps, leurs armes à deux mains. Les cavaliers, eux, pouvaient y charger. Ils ne s'en privèrent pas.

Les derniers géants et leurs serviteurs se faisaient traquer dans leur propre forteresse. La radieuse reine Elanna, l'épouse de Septimus et demi-sœur de sir Johan, avait rejoint par magie ses compagnons. Elle portait dans ses bras leur fils, âgé de moins de trois ans.
Devant cette apparition, les chevaliers, le roi le premier, mirent un genou à terre, saluant respectueusement leur reine.
Le dernier des Géant, un monstrueux forgeron retranché au fond de sa forge infernale, entourés d'efrits et d'élémentaires asservis, regarda ses adversaires, ceux qui avaient massacrés son peuple, son frère le roi des Géants, lui tourner le dos.
Il regarda la jeune femme, chétive à ses yeux, et compara sa carrure avec son peuple présent. Il nota les reflets surnaturels de sa longue chevelure. La chaleur faisant ondoyer sa robe.
Il regarda l'enfant, au cheveux blond comme l'or fondu dans ses bras.
Il plongea dans son regard bleu comme le ciel. Plongea dans la détermination toute-puissante d'un enfant.
Il déposa ses armes, vaincu.
La victoire était acquise par les hommes.

"Mon fils, dit Septimus, dès cet instant, tu sera le Prince de Forgerouge!"

Le Forgeron repartit, avec les restes de son peuple, non sans avoir du avouer leurs secrets et renoncer à tous leurs droits en ces lieux.

Nombreuse furent les récompenses et les promotions pour ceux qui suivirent le roi. Les autre regrettèrent amèrement leur lâcheté. Septimus fut magnanime, mais il savait maintenant sur qui compter, et le fit savoir.
Les trente Cavaliers de Chol en faisaient tous partis. L'Ordre du Loup Blanc. Bertille de Morant, leur ancienne reine, avait été généreuse en les confiant à Septimus, et celui-ci, bien conscient de la manœuvre, se réjouissait d'avoir placé son aîné sous son parrainage.
"Ils retourneront auprès de leur ancienne reine, se dit le roi. Ils y retourneront en escortant son filleul, mon fils, leur prince!"

Le festin repris dans la Grande Salle de Nimur Ostram.


Dernière édition par Bruno le Jeu 17 Sep - 14:45 (2015); édité 5 fois
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Arkhane
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MessagePosté le: Jeu 17 Sep - 11:51 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

  
 
Véritables souvenirs de Merlin, Haut Barde, comme s’il en pleuvait des halles…barde. 
 
  
 
Morbleu, Sangdragon, Jeanfoutre et des meilleurs… 
 
On croirait que le texte a été écrit par moi! D’ailleurs, c’est peut être bien le cas, maintenant que j’y pense. 
 
  
 
Or donc, mon Seigneur et Maître, et au demeurant, celui qui paya avec largesse mes chansons et autres ritournelles à usage des gens d’Ostrarem, et qui m’accueille en ces jours froids et gris dans son âtre,  je ne peux résister à l’envie de vous conter, bien longtemps après, le souvenir que moi, Merlin aux mille feux, je garde de ces vingt heures de folie. 
 
  
 
Les quelques ignares qui se récrieraient « Qu’est-ce donc que des Heures », n’ont qu’à consulter certains ouvrages de magie forts instructifs, à condition bien sûr qu’ils sache aligner plus de deux lettres… 
 
Mais donc je me souviens de ma jeunesse, pas plus beau qu’à ce jour, mais, disons, beau différemment… Le Reine, elle, est toujours aussi belle. Pourquoi le cacher, j’en étais, comme tous les autres hommes présents en cette « tanière », amoureux fou. Fol que j’étais, folie que je ne renierai pour rien au monde. 
 
Joueuse, la belle Elana, s’en ouvrit de manière fort taquine à son époux de mari. Qui n’apprécia pas plus que cela.  
 
Lors, ce malandrin de K Boche, s’en vint à moitié mort, puant et dégouttant de sang et autres matières bien moins nobles, interrompre le magnifique lai que j’avais composé en l’honneur de la Reine de cette docte assemblée.  
 
Le Loup Blanc se leva, son  ombre courant sur les murs, et il en appela effectivement à ceux qui voudraient bien le suivre sus aux géants envahisseurs. De mon côté, une main s’abattit sur mon épaule, interrompant l’accord en do majeur que je m’apprêtais à plaquer. Une main ornée d’un sceau royal qui commença à communiquer de façon subliminal avec mon cerveau. Celui-ci comprenant aussitôt la force de cet annulaire, ordonna à ma dextre d’offrir son épée au Roi en même temps que mes genoux s’astreignaient en un mouvement gracieux à rejoindre les dalles blanches. 
 
Le pire fut que les compagnons du roi applaudirent à tout rompre et frappant leur hanap sur la garde de leur épée puisque sa Majesté avait envoyé valdinguer la table et tout le reste. 
 
Messieurs les messagers, de grâce, faites part de vos dires aux moments adéquats et en aucun cas juste avant les desserts. 
 
  
 
Chevaucher à bride abattue, de cela j’avais l’habitude. Beaucoup trop de gens ne comprennent pas la beauté et la solitude que peuvent éprouver dames et damoiselles lorsque leurs époux, pères ou frères sont occupés ailleurs. Un bouquets de muguet fraîchement cueilli dans les bois, un ruban rouge comme le cœur qui palpite à leur vue et voila que survient l’improbable qui heureusement est moins rapide qu’un coursier léger. 
 
  
 
J’avoue que la vue qui s’offrit à nous lorsque nous arrivâmes avait de quoi glacer d’effroi les plus courageux d’entre nous. Cela je l’écris en mon temps, voyez plus haut, bande d’ignares. 
 
Vous ai-je déjà dit que parfois, un mari jaloux a le culot d’arriver discrètement et de confisquer le gentil coursier qui attend près de l’abreuvoir. Il faut alors se battre. Le cœur d’une dame bat rarement pour un partisan de la bagarre à main nue (normal, elle a épousé un énergumène adepte de la baffe), alors je me bats, à l’épée, longue, par ces monts et contre ces veaux. 
 
  
 
Ce qui me permit de survivre.  
 
J’attaquais même le seigneur des géants du feu en combat pluriel. Et le Roi, reconnaissant enfin mon immense valeur au combat et la réalité de la loyauté dont je faisais preuve à son égard (je m’étais toujours tenu à ses côtés pour me battre) insista pour que j’accepte l’immense épée que le ci-dessus géant était en train de forger. Me voici donc pourvu d’un espadon qui s’enflamme tout aussi facilement que moi. 
 
J’envisageais un moment d’en faire don au jeune prince lorsqu’il apparut dans les bras de sa mère, mais les yeux de la belle Elana sont aussi expressifs que la main de son époux et je me retirais près de la tente des guérisseurs, pour composer le lai de cette épopée, courte mais intense, lai duquel j’effaçai mon personnage afin que ne demeure que le courage de ces vaillant guerriers de Choll.  
 
  
 
A chacun ses plaisirs.  
 
Forgerouge est douce aux os d’un vieil homme. Les filles y sont belles. La nourriture abondante et divinement cuisinée. Il y a même des Dames avec qui je peux enfin parler et comparer la douceur de la soie face aux cotons les plus fins. 
 
 
 
A chacun ses plaisirs.  
 

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MessagePosté le: Jeu 17 Sep - 14:05 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol, an 694 -

"A la victoire! Levons et vidons nos hanaps au Comte Clodion des Basses Terres, heureux et brave victorieux de la Terre d'Eguellin!"
Une clameur de cris répondit au héraut du comte, et les coupes se vidèrent bruyamment dans la grande salle enfumée.

Tout les chevaliers de son excellence était la, nota l'homme en baissant sa lourde coupe. Il lui fallait faire bonne figure, et sembler boire généreusement sans perdre la raison. Soir de fête et de festivités, soit, mais un héraut est toujours au travail.
Il fit miroiter la coupe ouvragée à la lueur des torchères, prétexte à un panoramique de la grande salle.

Le comte Renard d'Abronie était la, avec une importante suite. Bien, le soutien du seigneur de la plus grande cité du royaume serait un atout. Autant lui montrer la puissance de son hôte, avant que des idées de conquêtes ne lui viennent à la tête.
Son épouse, les hanches déformées par ses dernières grossesses, le visage fatigué mal dissimulé par sa coiffe, était également présente, et dans la salle encore, pas même dans le boudoir, nourrissant son dernier-né. Etrange idée que de pas faire appel à une nourricière... Renon serait-il avare à ce point? Une enquête s'imposerait prochainement.
Le héraut fit lentement le tour des personnalités présentes. Vassaux, voisins, émissaires... Il s'arrêta face à la personne qui trônait en bout de table, président l'assemblée en lieu et place du maître des lieux, et s'inclina respectueusement. La reine Bertille, superbe dans ses atours de brocard, la tête cerclée d'or et de joyaux, semblait satisfaite. Encore eut-il fallut avoir son œil de barde exercé pour le noter, tant son impassibilité était grande. Mais elle avait notée sa présence et son action, et cela était bon. Les jours s'annonçait faste pour son suzerain.
Dame Basine, la superbe épouse de son seigneur, circulait parmi les seigneurs de l'assemblée, portant une grande coupe emplie du meilleur vin d'Auflase. La Coupe de la Victoire, la Coupe des Braves.

Il tressaillit quand elle la présenta au baron de Merle, ce récent allié dont les terres était au nord des nouvelles conquêtes.

La Reine eut, un instant, un petit air satisfaite. La comtesse et elle échangèrent un bref regard de connivence. Le jeune prince Minarcar, filleul de la reine et fils du roi Septimus, regardait la scène d'un œil connaisseur.

Que se passait-il qui lui avait échappé?

Voyons, songea le barde. Les Terres d'Eguellin, du nom de leur ancien seigneur et vassal de Chol, s'étendent assez loin au nord, en une mince bande coincé entre la Mer de Mercoeur, inaccessible par les falaises découpées, et le Bois aux Elfes, véritable frontière avec le Saint Royaume d'Auflase. Elles prenaient fin à la jonction entre les Bois et la Baie des Pirates, derrière laquelle le Saint Royaume tenait une forteresse empêchant l'expansion plus au nord. Ensuite s'étalaient les Landes, bordée par le baron de Merle, gardant la route menant à la cité de Cyl.
Nul elfe n'était présent. Il était peu vraisemblable qu'ils cèdent le passage et Valurus n'abandonnerait pas non plus ses droits sur le village de Mirta.
Une alliance avec Merle permettrait de contourner Auflase et les elfes par le nord. Et faciliterait l'annexion ou le ralliement de nombreux seigneurs des Baronnies.
Satisfait de son étude, le héraut saluât son noble et ingénieux seigneur, quand il s'aperçut que celui-ci, en grand entretien avec Blaise le Métamorphe, le mystérieux disciple envoyé par le non moins intriguant mage Ambrosius, tournait le dos à la scène ne pouvait donc rien y voir.

Le héraut compris alors que son seigneur et maître n'avait rien remarqué. Qu'il n'était pas au courant!

Estomaqué, le barde se détourna vers une tenture afin de masquer son étonnement.

"Votre vin passe mal?" Demanda une voix juvénile et autoritaire à ses coté.
"Peut-être puis-je y faire quelque-chose? Il ne faudrait gâcher ce jour de fête" ajouta la tête blonde du prince Minarcar.
Vêtu de sa toge de serviteur d'Athéna, le jeune homme le regardait avec une franchise désarmante.
"Le bonsoir, mon seigneur. Quelques surprises que je ne tiens pas à montrer, sans plus de gravité, soyez-en assuré."
Le héraut était résolu à parler franchement: inutile de mentir à un prêtre, surtout quand sa mère est une barde des plus talentueuse.

"Notre cousin d'Auflase tient ses seigneurs, et la succession de feu le duc Reize leur pose problèmes. Les statuts d'un royaume fédéral, voyez-vous... Valurus fera traîner les choses encore quelques temps, afin d'assurer son pouvoir mis à mal ces derniers ans, et que ma marraine puisse reconquérir les terres perdues depuis la mort du roi Cariberg le Bref, son père, sans éveiller trop de soupçons de ses vassaux.
Les elfes sont partisans du statu quo, et l'équilibre des forces entre vos deux royaumes les satisfont. Les manigances des Princes de Thulée n'en seront que plus difficiles ensuite. Ils ne les ont jamais aimés, vous savez.
-Mais Vous, quel est Votre intérêt en cela Votre Altesse? L'Ostrarem est bien loin!
-L'Ostrarem, le royaume fondé par Mon Père, l'est avec l'appuis de tout les royaumes du sud. Aucun homme ne pourrait bâtir seul un royaume, aussi brave soit-il! La condition est de verrouiller la Passe du Nord, entre les deux déserts, afin d'empêcher la venue des pillards et autre monstres du nord lointain. Ainsi, les 2 000 km entre nos royaumes seraient ouverte à la colonisation et à la civilisation. Largement de quoi absorber les excès de population et d'envie guerrière de vos royaumes. Mais les multiples seigneurs, s'étant érigés en baronnies juste au nord de vos frontières, font obstacle à votre expansion. Ils veulent conserver leurs prérogatives féodales, ou au moins se rallier au prix fort.
-Je commence à comprendre, repris le barde, songeur. Auflase, les Elfes et l'Ostrarem ont décidés d'offrir discrètement les Landes et la Terres d'Eguellin à Chol, en compensation des années précédentes, et afin d'équilibre les rapports de forces! Vous justifierez ainsi Votre rôle, et continuerez à bénéficier du soutien des royaumes du sud afin de vous développer, Chol sauvant les apparences de conquêtes militaire. Valurus est finalement autant prisonnier de ses ducs qu'il en est le seigneur...
- Oui. Et Ma Marraine, par mon entremise, s'allie ainsi à moindre coup quelques seigneurs bien établi et de bonne réputation parmi les barons. Ainsi courtisé, Merle prêtera bientôt allégeance à la Couronne, pour la plus grande gloire du royaume de Chôl et de Sa Reine!
- Ah! Quel dommage qu'il ne fut de nouveau veuf. Il eut fait un époux convenable pour elle, et lui eu assuré une nombreuse descendance! Ses deux épouses furent prolixes en la matière, dit-on. Pensez-vous que le Baron de Cyl, ou celui de Loscat..?
- Il est trop tôt pour le dire, et ce n'est point à moi de le faire. Mais la Reine est encore jeune, et les temps sont à la paix, soyez sans crainte."

Le jeune prince s'éloigna après l'avoir salué noblement.
Le héraut du comte Clodion resta songeur. Son enthousiasme était retombé. Manipulations et complotages...
Fin connaisseur des histoires et balades, il savait quels troubles avaient agités les deux successions royales précédentes. Le royaume en avait été ruiné, et la main des seigneurs de Thulée planait derrière tout cela. Il ne désirait certes pas connaître une pareille chose à nouveau, et seul un héritier en bonne et due forme pouvait l'éviter. Son maître était et resterait fidèle à la Dame de Son cœur. Qui pourrait devenir leur Roi? Il lui faudrait être un allié, en imposer aux barons de Chol, et pouvoir assurer une descendance. La comtesse d'Erénya eu été parfaite, hormis son sexe. Il lui faudrait un fils, et vite afin d'être en âge d'homme, et cela semblait impossible. Le baron de Cerbère? Il trembla rien qu'à cette idée. L'avenir ne lui semblait plus si radieux. 

Quel dommage en vérité que le roi Septimus ne fut pas veuf!


Dernière édition par Bruno le Mer 23 Sep - 14:16 (2015); édité 1 fois
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Bruno
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MessagePosté le: Ven 18 Sep - 09:11 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

-Royaume de Chol, an 696 -

La jeune dame, sur un signe de tête de la reine, laissa tomber son voile dans la lice.
Aussitôt les chevaliers, poussant une cacophonie de cris de guerre aussi divers que variés, s'élancèrent en une farouche mêlée.

Dans la tribune, le prince Minarcar, vêtu de sa tunique de prêtre d'Athéna, essayait de rester aussi digne que sa marraine.
Récemment arrivé d'Ardanel, la blanche capitale du Saint Royaume d'Auflase, où il venait de finir ses études, il était habitué à des comportements plus civilisés de la part des hommes en général, et des chevaliers en particulier. Les Cavaliers de Chol ne pouvaient être comparés aux Saint Chevaliers d'Auflase, sa référence en la matière.

"Hmmm, ils ont l'air, comment dire... vigoureux, Ma Tante." Hasardât-il envers sa voisine, la reine Bertille.
"Si fait. La mêlée est prometteuse.
- Vos Seigneurs sont-ils toujours aussi, heuu, expansif, lors de joutes?"
La reine se permis un petit sourire dans son masque d'impassibilité.
"Ce sont d'infâmes paillards, vidant les cruchons de vinasse et beuglant comme des bêtes en rut à la moindre occasion, si c'est ce que vous voulez dire, Mon Filleul.
- Ah. Ces cris sont pour le moins... surprenant. Par leur diversité, j'entend.
- Il est de coutume chez mes chevaliers d'exprimer leur puissance et leur virilité en chaque occasion. En appeler à la protection familiale ou divine en sus ne peu faire de mal.
- J'ai cru en effet noter que plusieurs divinités étaient invoquées. Nombre de vos seigneurs semble, finalement, d'une grande piété."

L'air désespérément innocent du jeune prêtre tira un sourire de compassion de sa marraine, qui se tourna vers lui.

" Il est plus d'usage d'effrayer l'ennemi que d'en appeler aux dieux. Aucun cavalier ne s'abaisserait à dépendre d'une force extérieure: le vrais combat se fait d'homme à homme. Face à face, d'égal à égal. Tout autre serait ruse, usurpation, tricherie. Seule leur vaillance, leur force personnelle compte pour eux.

- J'ai cru entendre invoquer Arès, dans plusieurs voix.
- Un dieu qui attire une certaine admiration chez Mes Seigneurs, il est vrais. Il est fort et brutal.
- La Déesse Athéna fut invoquée, elle aussi, j'en suis sûr, par au moins deux bouches.
- L'éternelle rivale du premier. La Rhovanie est assez fervente en la chose. Et elle dépeça le géant Pallas pour dévorer son pouvoir.
- Et, heu... Pan? Une divinité pastorale mineure? J'avoue ne pas vraiment saisir.
- Un dieu primitif, maintenant relégué, mais jadis divinité primordiale, des forces de la nature.
- Je ne m'attendais pas à une telle érudition chez vos cavaliers, ma tante. J'en suis ravis.
- C'est surtout un prédécesseur de Priape, aux attributs masculin développés et forniquant avec tout ce qu'il peut.
- Aahh..." L'expression déconfite du jeune homme tira un instant de pitié de la reine. Elle posa un instant ses doigts sur le dos de la main du prince et lui adressa un sourire réconfortant.
Le jeune homme était perplexe. Tout ici était tellement différent. Bien sur, il avait déjà séjourné à Chol, mais il était alors fort jeune, et ses souvenirs étaient maigres.

Un redoutable seigneur de guerre, hurlant des insanités, attira son attention.
"Est-il normal que ce chevalier arbore ce qui me semble être un sous-vêtement féminin?
- Le preux sir Artois. Ce vêtement lui fut offert par la dame de ses pensées, afin de désigner son champion. Gare à celui qui s'en moquerais, c'est un grand tournoyeur, ayant déjà plus de 10 victoires, qui se battra alors en un duel à mort.
- Un heureux mariage en prévision, alors?
- J'en doute.  Il est vrais qu'elle n'à que huit années.
- Pardon? J'avais ouï-dire que les mariages étaient noués fort tôt, mais là...
- Le père semble avoir d'autres prétendants en tête, à la vérité. Les mariages sont plus un accord politique qu'une histoire personnelle, et le bonheur est un luxe qu'une enfant de noble famille ne peut se permettre. Les unions ne sont généralement consommées que fort tard."

Dans la lice, les guerriers se fracassaient boucliers et os avec joyeuseté, sous les encouragements de la foule massée derrières les barrières. La dame de qualité ayant donné le signal hurlait pour encourager son champion. Les bannières colorées claquaient au vent. Les trompes des hérauts résonnaient régulièrement, annonçant les éliminations des concurrents. Une bataille miniature, organisé volontairement, pour la beauté du geste.
Il glissa discrètement un regard vers la reine, dont le stoïcisme et l'impassibilité étaient un exemple de dignité royale. Elle semblait présider quelque banquet ordinaire, ou assister à la bénédiction d'un nouveau puit creusé on ne sait où.

Ses atours étaient étrange.
Ordinairement, la mise de la reine Bertille étaient fort simple. Une chainze, longue chemise écrue couvrant le corps, surmonté d'une longue tunique à manches, une robe. Seul le riche brocard de la robe, ainsi que les broderies, indiquaient sa fortune. En mantel, une cape de fourrure ou un manteau de drap fin, tenu par une fibule précieuse. Des bottes couvraient les pieds. L'ensemble était complété par quelque accessoires, ceinture de cuir orné d'or, bandeau de métal précieux serti de joyaux tenant sa coiffe, un simple voile, collier ornant sa poitrine, bagues et aumônière... La vêture de Chol était simple et pratique.

Mais en ce jour, Bertille de Morant semblait vêtue comme jamais son filleul ne l'avais vue.
Une sorte de corset, tenu par un simple lacet et largement ouvert, serrait son torse, plusieurs couches de vêtements dépassant des emmanchures. Peu de bijoux. Du bas de sa robe dépassaient des jupons délicats. Au moins trois voiles, de taille et de couleur différente, couvrait sa tête couronnée. Un halo de couleur chatoyante. Chaque vêtement plus près du corps dépassait de celui qui le couvrait, en une sorte de cascade de soieries et de dentelles fines. Nul manteau, malgré le vent frais, ne couvraient les épaules. Les chaussons les plus fins ornaient les pieds de la souveraine.
Derrière, ses suivantes étaient vêtues comme à l'ordinaire.

Intrigué, le prince reportât son attention sur la lice, où les chevaliers restant, regroupés en deux rangs, s'apprêtaient à se charger de nouveau.
"Etrangement, cela me fait penser à mes études, murmura-t'il pour se changer les idées.
- Oui?" S'enquit poliment sa royale voisine.
Encouragé par sa marraine, le prince poursuivit.
" Un animal étrange, sur le continent d'Orionnie, au-delà de la Passe de Taris. Rhinocéros, tel est son nom.
Issue des temps anciens, cet animal primitif, dont la peau vaut toute les cuirasse, est doté d'étranges cornes, l'une au-dessus de l'autre, de diverse longueur, sur son nez. Il paraîtrait que lorsque deux d'entre eux se croisent, ils se chargent lourdement, s'affrontant en une mêlée furieuse et primitive. Ensuite le vainqueur, hmmm, monte sur le dos du vaincu, si Vous voyez ce que je veux dire..."
Le jeune homme ne put empêcher ses joues de rosir de confusion.

'Je vois très bien, répondit placidement la reine. Une similitude intéressante, une effet."
Sa maîtrise d'elle-même impressionnait plus le jeune prince qu'il n'osait l'admettre.

Une voix élevée se faisaient régulièrement entendre dans la lice.

"N"y aurait-il pas quelques personnes du beau sexe dans ce tournois?
- La chose est rare, la gente féminine étant ordinairement confiné à l'enfantement et à la gestion du foyer. Mais il arrive qu'une telle personne suive la voie des armes, et elle est traitée en égal par ses pairs si elle s'en montre capable. Seule les prouesses compte.
- Et ce seigneur à la fine carrure ne serait-il pas de la gente elfique? Je croyais que le Bois aux Elfes abhorrait vos manières!
- Certains de nos meilleurs cavaliers, ou cavalière par ailleurs, sont en effet d'origine elfique. Ils n'ont pas survécus aux Temps Anciens sans certaines aptitudes au combat.
- La corne de sa monture, assurez-moi, et bien purement ornementale?
- Non, il s'agit bel et bien là d'une Licorne. Au fur et à mesure de sa maîtrise, un cavalier sait chevaucher diverses montures, toujours plus nobles et puissantes. Nul d'entre eux ne renoncerait à ce privilège, qui affirme leur prouesse et leur suprématie. Les elfes arrivent à chevaucher des licornes, encore que cela semble réservé aux femmes les plus noble."

Déconcerté, Le jeune prêtre regardait la noble créature et sa maîtresse piétiner sauvagement le preux à la lingerie, qui roulait dans la poussière de la lice close.

"Et qui est-elle?
- Un rhinocéros.
- Je vous demande pardon? Demanda, estomaqué, le jeune prince.
- Je plaisantais. Dame Néryane de Bois-Sauvage. Encore que ses mœurs la rapprocherait bien de votre animal.
- Vous ne voulez pas dire que... Qu'ellle... Pas ici! Mais elle n'a pas de... enfin de...
- Ho! Je vois. Non.
- Vous me rassurez.
- Elle attendra ce soir, après le festin, pour exiger son dû. Une corne de Licorne est parfois bien pratique.
- Vous plaisantez, j'en suis convaincu, ma tante..! La voix se fit presque suppliante.
- Oui, mon neveu. Je vous tourne un mauvais jeux, je l'admet. Encore que tout ne soit pas menterie en l'affaire."

Bertille de Morant tourna un visage las vers son filleul. Le dos de sa main blanche effleura son visage. Jamais Minarcar ne l'avait vu aussi abattue.
" Sans les rares visites comme la votre, je serais privé d'individu avec qui pratiquer de tels jeux d'esprits.
Regardez-les. Des lourdauds, des brutes épaisses. Seule la puissance brute compte pour eux. La force primordiale, celui de la vie et de la mort. L'instinct de domination, poussée à son plus haut sommet!
- Comment cela?
- Le pouvoir du dominant dans une meute ou un troupeau. Celui de s'accoupler, de créer une nouvelle vie. Et celui des armes, de la mort. Le pouvoir de la prendre.
C'est là le pouvoir fondamental, primitif, absolu. Tout le reste n'est qu'un savant habillage, donnant l'illusion que nous sommes différent des bêtes que nous côtoyons, mais mes barons en sont restés à cultiver la maîtrise du pouvoir initial. L'accouplement et les armes. La vie et la mort. Rien ne compte en dehors de cela pour eux.
Même mes suivantes ne parlent que de secrets d'alcôves. Elle n'ont point d'esprit et ne rêvent que de se livrer à des privautés de puterelles*. Nul n'a l'esprit élevé en ces terres.
Vous me pardonnerez donc ce petit jeux, Mon Neveu."
Le prince de Forgerouge accorda bien volontiers son pardon. Il était troublé par toutes ces choses.

Son attention fut attiré par un son de buccin, et un chevalier s'avançant crânement devant la reine, clamant ses nombreuses victoires, et réclamant récompense.
Sa souveraine, de nouveau imperturbable, lui demanda pourquoi ce ne serait-ce son suzerain qui récompenserait les hauts faits du chevalier. Enervé, celui-ci écuma de rage, et cracha que "De suzerain, il n'en avait de vivant, et n'en voudrait point qui ne fasse preuve de générosité".

Devant Minarcar médusé, et tout aussi imperturbablement, la reine détacha de sous ses jupons une pièce de soierie chatoyante, abondamment pourvu de dentelles.
De l'auguste geste du semeur, elle l'envoya adroitement dans l'arène, ou la jarretière vint s'entourer sur la lance de joute du chevalier.
Rejetant heaume, bouclier, lance et se jetant à terre, la malotru s'agenouilla, se prosterna devant la reine, serrant dans son gantelet le précieux présent. Il le portait alternativement à son cœur et à ses lèvres. La voix soudainement émue, ses yeux laissant couler des larmes, il prêtait allégeance à la reine, donnait sa vie pour Elle, n'aurait d'autre pensées que pour Elle, vantant ses louanges avec une candeur touchante.
Tandis que ses pairs acclamaient chaleureusement le retour victorieux du champion, la reine Bertille se tourna vers son filleul, l'air désabusée. Elle dévoila un instant un morceau de sa jambe, ses bas tenant par deux autres jarretières.
"J'ai assez sur moi pour m'attirer les services de tout ces imbéciles. Quel pitié!"

* Jeunes prostituées


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MessagePosté le: Ven 18 Sep - 16:51 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume d'Ostrarem an 15, ou an 700 de Chol -

En cette fin d'été, les hommes traversaient le royaume.
Les fumées des batailles étaient soufflées par les vents, et les premières fraîcheurs annonçaient le moment des récoltes.
Chacun, le cœur chargé de ces temps troublés, tâchait d'oublier son chagrin afin de sauver les récoltes. L'hiver a venir s'annoncerait rude, et le pays avait déjà bien souffert.
L'ouvrage à venir panserait les dernières plaies.

Pélagor, roi d'Orcanie était mort.
Mort de nouveau, diraient certain, ou rentrés chez lui, plaisantaient d'autres. Retourné à son tombeau, ou dans les cavernes d'Hadès, peu importait à l'homme ordinaire. La guerre était finie.

Ce fut comme un rêve. Un roi de légende, revenu du passé, réunissant ses fidèles, restaurant son royaume.
Hélas, un autre royaume l'avait englobé, et le nouveau souverain n'était pas disposé à partager son œuvre. De sombres machinations avaient dictés les évènements, et les dieux eux-mêmes avaient observés les évènements.
Le rêve avait pris fin, et les hommes, démobilisés, tâchaient de rentrer dans leurs villages avant les moissons.
Tout était, semblait-il, pardonné. Anciens habitants et colons, vivant et morts, fidèles et anciens ennemis, tout le monde avait prêté allégeance au roi Septimus. L'Ostrarem restait une et indivisible.

Les bardes contaient la bataille finale, les armées sous les murailles de Morgon et d'Elithanie, les morts héroïques et inutiles, le duel des deux roi, enfin, couronne en tête et épée à la main, au milieu du champs de bataille dévasté, entre leurs armées blessées et silencieuses.
Un duel de légende. Le récit ferait fureur tout l'hiver dans les Royaumes du Sud.

Chacun des vassaux et vavassaux avait attendu l'issu du combat.
Les deux lieutenants, le prince Minarcar et le duc Gaheret, observaient leur parent affronter la mort, attendant de savoir si ils devraient plier le genoux devant son meurtrier.
Telle avait été la condition du duel. Un seul roi, pour tout le royaume. Souverain de tous les vassaux.

Pélagor avait rejoint son domaine, un tombeau dans la montagne, et Septimus le sien, Nimur Ostram.
Maintenant les hommes se hâtaient de rentrer chez eux avant le mauvais temps. Les douleurs et la mort les accompagnaient. Tout le monde pleurait un proche, un être cher.

Certains pourtant rapportaient de bonne choses. Ils avaient traversé le royaume, rencontrés d'autres gens, noué des amitiés solide.
Les fidèles avaient été récompensé, et de multiples titres et charges avaient étés offerts aux méritants. Les parts de butin n'étaient pas négligeable non plus pour certain.

Dans l'ensemble, le royaume sortait de cette guerre plus fort, mais les blessures seraient longue à cicatriser entre les anciens ennemis, les voisins.
Et l'influence dans cette tragédie des Royaumes du Sud avait jeté un froid sur les relations entre les royaumes et les souverains.
Certaines familles étaient reparties pour le sud dès les premiers combats. Reviendraient-elles? Nul ne le savaient, ni ne s'en souciait. Celles qui étaient restées avaient souffert et fait leurs preuves, et ils ne laisseraient pas facilement leurs places. Fortune de guerre...

Le Saint Royaume d'Auflase envoyât rapidement des convois d'aides, pour nourrir les nécessiteux. Valurus, certains le clamaient haut et fort, avait des chose à se faire pardonner. Plus discrètement, les gens mieux informés murmuraient que le vieux roi était probablement prisonnier en son palais, et que c'était le parti du mystérieux prince Gavin qui tirait les ficelles depuis l'avant-guerre. Un prince bien mystérieux, apparu soudainement d'on ne sait où à la cour d'Ardanel, présenté comme son fils par le roi, et acoquiné comme il n'est pas permis avec "La Fosse", les services secrets du Saint Royaume d'Auflase.

Bertille, la reine de Chol, proposa d'accueillir des réfugiés, et envoya des hommes d'armes pour seconder les hommes du roi. Etrangement, seules quelques nobles familles acceptèrent.
Plusieurs familles baronniales, en revanche, nouèrent des mariages. Son influence fut ressentie jusque dans les Baronnies, finalement pas si indépendantes que cela.

Les prochaines années seraient consacrées à la reconstruction et au repeuplement des royaumes.
Ca, les jeunes gens savaient faire, et ils s'y employèrent avec zèle.

Dans son château, balayés par les vents, Bertille de Morant s'entretenait de la situation avec Coventina la Blanche.
Celle-ci savait la méfiance qu'elle exerçait sur les gens de Chol, et la reine était une de ses seules interlocutrices. Elle accepta de prendre sous sa protection certains jeune gens d'Ostrarem. Peut-être pourrait-il y avoir un disciple? Elle n'osa demander si Ambrosius, leur maître à tous, en avait fait autant. Un Mage à sa fierté.

La garde était réduite, tout comme se service. La reine avait envoyé tout ceux dont elle pouvait se passer. L'Ostrarem n'était pas seul à avoir besoin d'aide, car de nombreux vassaux et barons alliés avait souffert de la guerre. Certains voisins commençaient à devenir gênant, et il faudra bien leur faire barrage prochainement. Mais la Dame Blanche n'avait guère de préoccupations pour les barons.

C'était la le problème de sa reine.


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MessagePosté le: Lun 21 Sep - 10:00 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol, an 702 -

Ce début de printemps s'annonçait doux, et l'époque dépourvue de troubles.
Sur les murailles du château royal la garde pouvait se permettre moins de rigueur, et les murailles était pratiquement désertes.

La reine Bertille pouvait encore y profiter d'un moment de tranquillité. Elle se dirigea posément vers le jeune homme, déjà en habit de voyage, qui contemplait la ville endormie en contrebas.

"Le bonjour, Mon filleul.
- Le bonjour, Ma marraine. Vous êtes radieuse, surtout en une telle heure. Devoir Vous quitter est un déchirement."
Si le compliment du jeune homme toucha la reine, elle n'en montra rien. Leur solitude n'était qu'illusoire, elle le savait bien après plus de 25 années de règne, et un hiver de récits héroïques et autres contes avait échauffés les esprits de sa mesnie. Gardes et suivantes, jamais très loin, colporteraient et enjoliveraient à foison le plus innocent détail.
Sobrement vêtue, les mains chastement croisées sur son bas-ventre, la reine de Chol profitait de l'occasion pour leur donner une leçon de savoir-vivre. Elle repris la conversation.

"Vos exploits durant la Guerre d'Orcanie ont fait le régal des cours durant cet hiver, prince Minarcar. Il n'est nul seigneurs ici qui n'estime Votre personne ni doute de Votre bravoure. Mes barons prennent exemple sur Votre courtoisie, et Votre départ fera chavirer bien des cœurs.
- Vous me flattez, Ma reine. J'eu, il est vrais, le bonheur de quelques hauts-faits, et le bénéfice d'excellents maîtres d'armes. Des compagnons de jeunesse surent m'aguerrir aux aléas de la vie en campagne, et je suis heureux que l'enseignement d'Athéna puisse servir d'exemple à Vos seigneurs.
- Votre modestie est trop grande, prince. La sagesse d'Athéna et la bravoure de Mon cousin, le roi Septimus, ont fait de Vous un vaillant exemple pour tous. La délicatesse de madame Votre Mère, la reine Elana, y ont ajouté noblesse et courtoisie, nul ne saurait le nier.
- J'eu la chance d'une bonne éducation, il est vrais.
- Transmettez à Vos Parents mes meilleurs compliments, et assurez-les de la tenue de Mes engagements envers Votre royaume. Rapporterez-Vous quelques récits notable de Votre séjour?"

Le jeune prince sourit en se remémorant des séjours en ces lieux datant de sa jeunesse.
"J'eu grand plaisir à visiter Vos nouvelles écuries, ma reine, et les travaux de rénovations de la cité sont tout particulièrement intéressant.
- Oui, Vous aviez bien œuvrés, enfant, à réparer les dégâts commis par Votre monture. Chacun s'en souvient ici, et il n'est nul charpentier ou maçon qui manqueraient à l'occasion de rappeler qu'il fit jadis ouvrage à Vos cotés. Votre cavale était très attendue, quoiqu'avec crainte, Je doit l'admettre.
- Ombre est une sale bête, têtue et cabocharde comme pas un. Il m'en fit voir de toutes les couleurs. Je l'adore.
L'âge venant, j'ai du la confier aux bons soins de mon ancien écuyer. Ils le méritent bien tout deux.
- Oui, il est devenu un brave seigneur, qui a fort à faire pour Vous représenter auprès des nouveaux venus.
- Quand donc viendrez-Vous Nous rendre visite, Ma Dame? Votre ambassade est très attendue.
- Les affaires du royaumes Me retiennent encore, soupira la reine."

Minarcar observa à la dérobée sa tante, dont le visage impassible reflétait les premiers rayon du jour. Les temples sonnaient les Mâtines en contrebas. Les fumées des foyers que l'on activaient montaient dans un ciel serein. La reine ne semblait rien voir de cela. Echanger des banalités n'était pas dans ses habitudes.

"Quelque-chose vous mine, Majesté, et Vous Vous dissimulez derrières des platitudes.
- Rien n'échappe à la sagacité d'un prêtre d'Athéna, prince Minarcar." La reine se tourna vers lui, le regardant directement.

"Mes barons me pressent de prendre époux. Derrière la fortune apparente de ce temps le spectre de la guerre et de son cortège  rôde; on s'inquiète de l'avenir et Je ne peux leur donner tord!
- Ma reine! Vous êtes jeune encore, et nul danger ne vous menace!"
Le prince fut frappée par la lassitude du regard. Jamais la reine ne lui avait montré pareil visage.
" Je ne suis plus si jeune, Minarcar, et la quarantaine d'ans passées ont vu vieillir et périr bien des gens. Seul l'Art d'Ambrosius et dame Coventina, circulant dans mes veines, fait illusion. Mais si mes chairs et mon teint ne sont point flétris par le passage des ans, la fatigue est bien là. Le temps a passé. Mes seigneurs ne peuvent comprendre: leurs fils vieillissent, et je n'ai toujours point d'héritiers.
- Y en aurait-il que la crainte amènerait vers la félonie?
- Je ne crains rien, car j'ai déjà cédée."

Bertille tordit nerveusement ses mains blanches.

"Afin de rassurer Mes Barons, j'ai due accepter le principe d'un tournoi en Mon Honneur, destiné à déterminer le plus brave et le plus vaillant des hommes, qui deviendra Mon époux."
Encore un instant la reine conserva stoïquement sa dignité.
"Car outre de pouvoir et devoir assurer une descendance, celui-ci devra pouvoir en imposer aux cavaliers de Chol, et nul n'accepterai un homme qui ne serait un brave."

Le visage défait, elle saisit la main réconfortante du jeune prince.

"Ah, Mon neveu! Ma voici désormais réduite à l'état de trophée! Bien que j'en reconnaisse la nécessité, il M'est dur de devoir Me résigner a une telle déchéance. Devrais-je Me soumettre à l'un de mes brutal vassal? Ou subir le joug d'un seigneur voisin, un tyran meurtrier de Mes propres serviteurs, promettant déjà des jours sombre pour Mon royaume? Suis-je condamnée à finir mes jours en un boudoir, enfermée dans mon propre palais, à subir les virils assauts de quelque brute aviné, assouvissant ainsi ses bestiales envies, entre quelques complaisantes servantes et des ribaudes des Bas-Quartiers?"

La tirade semblait l'avoir vidé. Seule la compassion du prince pouvait lui être apportée. La reine se repris.

"Prince, j'ai une tache à vous confier.
- Je suis à Vos ordres, Ma reine.
- L'on Vous connais en bien ici, et Votre jugement est sûr. J'ai foi en Vos avis. Votre vaillance est certaine. Vous avez connaissance des nécessités d'un prince consort, et vous connaissez mes goûts en la matière.
Vos voyages et Vos terres Vous permettent de rencontrer moult Braves, Mon filleul. Trouvez-m'en qui Me conviennent, et soient digne de Votre marraine."


Les chevaux piaffaient d'impatiences. Les compagnons de voyages du prince, tous anciens chevaliers de Chol ayant rendu visite à leurs parents, échangeaient des paillardises concernant leur séjour en regardant leur prince descendre les marches de pierres. Il ajustait ses gants, songeur.
Ils mirent genoux à terre lorsque leur ancienne reine apparût, superbe, en haut des marches.

"Mon neveu?
- Oui, Ma tante?
- Choisissez bien, Je Vous en prie, l'homme qui partagera ma couche."





 


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MessagePosté le: Mar 22 Sep - 08:29 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

- Royaume de Chol et alentours, an 705 - 
 
 
"OYEZ! OYEZ! OYEZ! 
 
 
Sa Majesté Bertille de Morant 
 
 
Reine de Chol 
 
 
Comtesse de Morant, 
 
 
Baronne de Chol et de Bois-Aux-Feys, 
 
 
Dame des Trous-aux-Puits et Seigneur en autres lieux, 
 
 
déclare présentement et dès céans qu'en date des Démétries 
 
 
REJOUISSANCES et FESTIVITES 
 
 
auront lieux en tout le Royaume à l'occasion 
 
 
du Grand Tournoi en l'honneur de Son Epoux! 
 
 
Une semaine de combats et de célébrations 
 
 
désignant les plus braves et les plus valeureux en moult domaines. 
 
 
Le plus brave des hommes, vainqueur en la lice close de joutes, 
 
 
Aura l'insigne Honneur d'épouser Sa majesté 
 
 
Notre Bonne Reine Bertille et de Lui assurer descendance! 
 
 
TOUS sont invités et conviés à se présenter sur le PRE. 
 
 
Les LICES seront hôtes d'ARCHERIES et de LUTTES, 
 
 
d'ESCRIMES et de FAUCONNERIES, 
 
 
et quantité autres choses encore! 
 
 
Jours de Fêtes et de Pardon seront Faits! 
 
 
Banquets et foires! 
 
 
Venez admirer noblesse du pays et autres lieux, 
 
 
braves et bels seigneurs en leurs atours de guerroyement, 
 
 
faire assaut avec ferveur lors de Nobles JOUTES d'ARMES 
 
 
pour l'honneur et la gloire, 
 
 
pour la noble main de la reine BERTILLE DE CHOL." 
 
 


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MessagePosté le: Mar 22 Sep - 10:14 (2015)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons Répondre en citant

Hôte du tournoi:

La reine Bertille de Morant est l'hôtesse (l'organisatrice) du tournoi.
Elle siègera systématiquement en la tribune, et offrira les récompenses de tous les tournois officiels.
Celui-ci sera organisé sous les murailles sud de la cité de Renon, capitale du royaume de Chol.
La suite royale sera composée de 8 chevaliers, accompagnés de leurs 8 écuyers, plus les 4 écuyers de la Reine, escortés par 50 hommes d'armes.

La reine présidera chaque soir de la semaine de fête un banquet offerts aux invités.
Un banquet d'accueil sera offert à tout les tournoyeurs. Les vainqueurs du jours seront invités.
Elle fera offrir chaque soir de la nourriture à la populace.


Précisions concernant l'organisation des tournoi:
1) de multiples tournois et compétitions annexes (meilleur potier, meilleur forgeron, concourt de tartes, de traite de vaches...) auront lieu en marge de la joute;
2) les invités (qui ne participent pas) et les tournoyeurs (qui participent) peuvent offrir leur propre tournoi, sur les sujets les plus divers. Inutile d'organiser, il faut surtout payer les frais et offrir les prix;
3) en général les tournois fonctionnent par duels à élimination directe (dite "de sixte"), le vainqueur emportant les armes du vaincu (comprend en fait tout ce qui a été utilisé pour le tournoi, hormis les vêtements). Offrir une rançon ou un équipement équivalent (gain d'un précédent tournoi par exemple) et honorable et communément admis.
4) le tournois est dit "d'honneur", ou sportif en français moderne, donc il n'y a aucun déshonneur, honte, perte de statut ou autre à être vaincu ou à déclarer forfait, peut importe la raison (qui ne sera jamais demandé).


Dernière édition par Bruno le Mer 23 Sep - 07:37 (2015); édité 3 fois
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 17:25 (2017)    Sujet du message: "Netharil", la Terre des Dragons

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